DES FRONCES À FRONSAC

PORTRAIT CHEF D’ENTREPRISE
VALERIE BERTOU – FRONSAC.
PAR RICHARD BLAVY – AGENCE ANTE-SCRIPTUM.

« Prêt-à-porter » : on voit immédiatement ce à quoi l’expression renvoie. Vestes ou chemises, robes ou tailleurs, les tailles et les coupes sont standardisées à partir d’un échantillon représentatif de la population globale. Le reste est affaire de marques et d’enseignes, de modes et de marketing. Dans ce vaste marché du tout-venant, il s’en trouve qui ont fait choix, pour ainsi dire, de se démarquer.

Valérie BERTOU par exemple, qui, à Fronsac, fait profession de créer, pour vous Mesdames, et vous Messieurs, le vêtement qui n’ira qu’à vous. Car, on l’aura compris, pénétrer dans l’atelier de Valérie, c’est entrer de plain-pied dans l’univers de la confection, du sur-mesure et, n’ayons pas peur des mots, de la haute couture. L’ourlet ou la reprise ? Oui, peut-être, à cette lointaine époque où, faisant ses premiers pas, elles faisaient aussi ses premiers points, aux côtés d’une pour qui l’aiguille n’avait aucun secret ? Les vocations viennent d’autant mieux qu’elles sont inspirées par un être cher. Peut-être que rien ne vient à l’ombre des grands arbres. Mais que ne vient-il pas dans celle que dessine la silhouette d’une grand-mère ?

Bref, très tôt, le pli fut pris. Le fil à suivre aussi. Et Valérie Bertou de le dérouler avec beaucoup de suite dans les idées. Le parcours commence par un CAP, puis un BEP, puis un Bac pro Artisanat et Métier d’art. Entre poursuivre son parcours de formation en école privée et se frotter au terrain, Valérie va trancher. L’envie d’en découdre sans doute. Elle entre comme stagiaire dans la prestigieuse maison de Jacqueline Dourthe à Bordeaux et, de petite-main y termine Première d’atelier. C’est après dix années d’exercice qu’elle décide d’apprendre ensuite la partie commerciale de son métier. Chez Christina Popovitch, une créatrice toulousaine installée aux Grands Hommes, Valérie se forge ces solides connaissances sans lesquelles on ne saurait comprendre ce qu’habiller veut dire. On peut évidemment créer avec talent, voire avec génie. Mais en matière vestimentaire, il s’agit de créer pour… Et par une sorte de curieux retournement des choses, la personne qui se tient en face de vous est : prête à porter…

À la créatrice, alors, d’avoir le goût, la sensibilité, la culture, l’imagination, l’intuition aussi pour savoir ce qu’il faudra faire naître sous la craie et les ciseaux, et de quels tissus cela devra naître. Un Prince de Galles tout droit venu de Holland and Sherry en Angleterre, un coton-soie joliment chamarré, ou bien un très beau lin de Provence à travailler tel quel ?

Précisons ici, pour être tout à fait complet sur ce cheminement professionnel, qu’à la faveur d’une installation temporaire dans le Sud-Est, Valérie se retrouva, à Monaco, recrutée chez Saint-Laurent… Et un peu plus tard, elle participa à la finale du concours du Meilleur Ouvrier de France, ce qui en soit est déjà un exploit.En revenant sur sa terre natale, c’est dans la maison même de son enfance qu’elle décide d’ouvrir son atelier. Créatrice à part entière et devenue – c’est le cas de le dire – son propre patron, elle y confectionne des pièces uniques créées et taillées sur mesures, ou de très petites séries de 5 à 10 exemplaires seulement. Et parce que la tenue est un tout, les bijoux font eux aussi partie de ses créations…

Alors ? Prêt-à-porter ou bien… prêt(e)s à porter ?

https://www.valeriebertou-pretaporter.fr/